Je joue souvent à un jeu qu’un ami allemand m’appris dernièrement, il s’appelle 5 Dinge, c’est-à-dire 5 choses. Une personne pose une question, à laquelle les autres joueurs doivent donner 5 réponses. Ma question préférée jusqu’ici a été « cite 5 choses pour lesquelles tu es reconnaissante » à laquelle j’ai spontanément répondu « être née en Europe (en tant que femme) ».
Je suis vraiment reconnaissante de ne pas être née en Inde ou au Moyen- Orient et de ne pas avoir été forcée à me marier à un inconnu. Cependant, il subsiste encore des inégalités entre les différents sexes qui me frustrent au quotidien. Elles feront l’objet de cet article.
Elles nous arrivent sans qu’on s’en rende compte ou les trouve bizarres, elles m’arrivent, elles vous arrivent. Ce qui m’énerve le plus, c’est quand elles arrivent à mes amies qui ne s’en rendent / n’en tiennent pas compte.
Merci au PATRIARCHAT. Il est présent dans tous les pans de la société et affecte nos activités sportives, professionnelles et privées. Je les traiterai dans cet ordre.
Commençons par le sport. Je n’ai jamais compris pourquoi les sportifs et sportives recevaient des prix différents lors de compétitions sportives. Qu’ils soient amateurs ou professionnels, les prix et récompenses sont toujours plus importants pour les hommes que pour les femmes. Alors qu’ils et elles parcourent la même distance, fournissent le même effort. Billie Jean King se battait déjà pour l’égalité dans le sport dans les années 70 aux États-Unis[1] ; pourtant lorsque mes amis organisent une course, les hommes reçoivent des prix d’une valeur plus élevée que les femmes ; et ne parlons pas de la différence de salaire entre les joueurs et les joueuses de foot. C’est probablement le gender pay gap le plus creusé et malheureusement pas la seule inégalité sur le lieu de travail.
Pourquoi certaines sociétés continuent-elles à appliquer une politique d’entreprises anti-procréation/femmes enceintes, pourquoi certaines de mes amies ont-elles peur d’annoncer à leur patron qu’elles sont enceintes, voire de tomber enceinte ?
On sait toutes et tous qu’il existe des différences physiques entre les hommes et les femmes. Les femmes ont la capacité de tomber enceinte. Ça a toujours été comme ça. Sans femme, tu ne serais pas là, tu ne serais pas en train de lire cet article. Pourquoi n’existe-t-il pas encore de système permettant aux femmes de ne pas s’inquiéter de perdre leur boulot lorsqu’elles tombent enceinte ? C’est un cercle vicieux qui nous affaiblit et peut nous rendre dépendante de la gente masculine. Pourquoi les congés de paternité et de maternité ne sont-ils pas équivalents ? Certaines de mes connaissances ne comprennent pas qu’après l’accouchement les mamans ont besoin de temps pour elles, pas seulement pour le bébé et ça m’énerve. L’injustice m’énerve.
Je terminerai par une liste (oui, j’aime cela) d’autres comportements qui m’énervent :
- Mon chef me dit « Bonjour ma belle ». Dirait-il « Bonjour Don Juan » à un collègue masculin ? M’a- t- il engagée pour mon sourire et ma poitrine ?
- Les hommes qui veulent absolument laisser passer les femmes pour entrer ou sortir d’une pièce…. Oulalaaa, c’est très très lourd une porte.
- Les serveurs qui servent automatiquement les grandes bières aux hommes et les salades aux femmes.
- Les gens qui pensent que l’acte sexuel se termine quand les hommes jouissent. Ça n’a pourtant pas toujours été le cas, dans la Chine antique par exemple, les hommes ne pensaient pas à jouir mais à faire jouir la femme car sa cyprine était considérée comme un liquide « magique » ayant le pouvoir de soigner[2].
Je me demande vraiment où est la limite, où sont les limites. Et lorsque je vois des tags sexistes du genre « Life sucks if your girlfriend doesn’t suck you » en me promenant à Berlin, je me dis qu’il faut réagir. Il faut arrêter de laisser passer ces injustices du quotidien, cesser de les considérer comme mineures ou insignifiantes.
C’est du moins mon avis et j’aurai peut-être convaincu certain(e)s d’entre vous ? 😉
[1] à ce sujet, je vous conseille le film La bataille des sexes
[2] si vous comprenez l’allemand, vous trouverez plus de détails à ce sujet dans le podcast « Eine Stunde Liebe » du 31.01.20